Sortir le TNP de l’impasse grâce à un Traité d’interdiction des armes nucléaires

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Le Traité de non-prolifération est dans l’impasse, et cela depuis longtemps. Lors de la dernière conférence d’examen, en 2015, ce fut même la paralysie totale, si bien qu’aucun consensus n’a pu être trouvé pour adopter un document final ! Alors que « de bonne foi » les États signataires se sont engagés au désarmement nucléaire « dans un avenir proche »…
Quelles en sont les raisons ? Citons : 1°) le fait que le TNP n’ait pas vraiment réussi à empêcher toute prolifération puisque 4 États n’en font pas partie (Inde, Pakistan, Israël et Corée du Nord) et se sont dotés d’armes nucléaires ; 2°) le fait que les armes nucléaires ne soient pas explicitement déclarées illégales ; 3°) l’article VI du TNP sur le désarmement n’est pas suffisamment contraignant pour pouvoir être efficace.

Or le traité international d’interdiction des armes nucléaires — en train d’être formulé au sein des Nations Unies — aura, entre autres, le rôle de renforcer le TNP en remplissant ses lacunes, comme cela a été largement souligné par les participant-e-s à la première session (du 27 au 31 mars 2017) de la conférence de négociations à l’ONU à New York, qui conclura ses travaux le 7 juillet prochain.

En fait, ce traité sera une aide puissante pour les États dotés d’armes nucléaires qui souhaitent sincèrement aboutir à un désarmement nucléaire total par des négociations multilatérales, et cela avant qu’il ne soit trop tard. Comment la conférence quinquennale de révision du TNP en 2020 devra-t-elle en tenir compte ? C’est la question dont les États membres doivent se préoccuper dès maintenant.

Cela devra impérativement avoir des conséquences dans le consensus final malgré les États nucléaires qui refusent toute contrainte pour le désarmement nucléaire.
Comme exprimé par une allégorie très significative proposée par l’ambassadeur du Chili à l’ONU, un traité international d’interdiction des armes nucléaires doit aider les États dotés d’armes nucléaires à sortir du piège « faustien », dans lequel ils sont tombés, où le Faust de Goethe s’était fait avoir par le diable.

Luigi Mosca

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